Elodie Bonafous
« Le moral a été au beau fixe, surtout sur le bord de reaching entre le Fastnet et Guy Cotten. C’était le bonheur absolu : une vitesse incroyable, un bateau qui volait avec un équilibre parfait, le tout sous le soleil et sur une mer plate. On a vraiment pu profiter de la vue du phare, c’était un après-midi magnifique.
Cependant, la nuit a été nettement plus difficile. Après le passage du waypoint Guy Cotten, j’ai d’abord pas mal galéré lors d’un changement de voile dans un vent très instable. Ensuite, j’ai subi un problème technique : le jockey pool a cassé, ce qui m’a obligée à m’arrêter un moment. À cause de cela, j’ai perdu l’avance que j’avais réussi à creuser et je n’ai pas pu dormir depuis un bon moment, car le bateau demande une attention constante. Malgré tout, je garde le moral ; je sais que les soucis techniques font partie de la course et mon objectif est de rester rapide et opportuniste pour grappiller chaque mille possible.
Le parcours a été raccourci, mais la fin s’annonce complexe à cause d’un col anticyclonique et d’une petite dépression vers l’Espagne qui perturbe les prévisions. On va finir ce bord, commencé au portant, par une remontée au près en récupérant le vent de cette dépression. Pour les prochaines heures, l’enjeu majeur sera de bien négocier la descente en bordure de l’anticyclone sans tomber dans la molle, tout en se plaçant idéalement pour toucher le nouveau flux de vent. Je n’ai pas encore pu affiner toute ma stratégie à cause des réparations, mais j’ai une bonne vision globale de ce qui nous attend. »
Ce bord est assez exigeant. Nous naviguons à un angle très serré sous J0 avec un vent instable, tant en direction qu’en intensité. J’espérais gagner un peu de terrain sur les leaders, mais ils naviguent très vite et très bien. C’est intense à bord et je donne tout ce que je peux pour maintenir la cadence.
C’est aussi un vrai défi pour la direction de course de gérer ce parcours. Le vent va faiblir à nouveau et il est difficile de placer les waypoints de manière à nous faire arriver à temps. Cela dit, il reste encore beaucoup de chemin et plusieurs transitions à négocier. La prochaine grande étape sera le passage du waypoint Guy Cotten, où il faudra faire un choix de voile crucial. Il est possible que nous devions passer sur une voile plus grande ; comme cela se fera de nuit, il faudra être extrêmement vigilant lors de la manœuvre. Les zones de petits airs semblent nous suivre sur tout le parcours.
Globalement, je suis très heureuse. J’apprends énormément. Naviguer sur ce bateau en solitaire est une expérience totalement différente de la navigation en équipage. Je continue de pousser et de progresser. Cheers ! »
Ce bord est assez exigeant. Nous naviguons à un angle très serré sous J0 avec un vent instable, tant en direction qu’en intensité. J’espérais gagner un peu de terrain sur les leaders, mais ils naviguent très vite et très bien. C’est intense à bord et je donne tout ce que je peux pour maintenir la cadence.
C’est aussi un vrai défi pour la direction de course de gérer ce parcours. Le vent va faiblir à nouveau et il est difficile de placer les waypoints de manière à nous faire arriver à temps. Cela dit, il reste encore beaucoup de chemin et plusieurs transitions à négocier. La prochaine grande étape sera le passage du waypoint Guy Cotten, où il faudra faire un choix de voile crucial. Il est possible que nous devions passer sur une voile plus grande ; comme cela se fera de nuit, il faudra être extrêmement vigilant lors de la manœuvre. Les zones de petits airs semblent nous suivre sur tout le parcours.
Globalement, je suis très heureuse. J’apprends énormément. Naviguer sur ce bateau en solitaire est une expérience totalement différente de la navigation en équipage. Je continue de pousser et de progresser. Cheers ! »
Heureusement, j’ai bien dormi cette nuit. C’était une longue nuit de navigation au près et le bateau se gérait très bien tout seul. J’ai pu enchaîner les siestes à côté de la table à cartes. Il a fallu rester vigilant pour éviter quelques pêcheurs, mais tout s’est bien passé.
Aujourd’hui, on se prépare à contourner le mythique phare du Fastnet. Je pense qu’on y sera dans le courant de l’après-midi. Et après ça, on file d’ici ! Il fait trop froid, on rentre en France retrouver le soleil ! À bientôt ! »
