Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), 4e

Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), 4e

Elodie Bonafous a pris ce vendredi la 4e place de la 1000 Race après avoir coupé la ligne d’arrivée à 21h54’11, au terme de 5 jours, 9 heures, 54 minutes et 11 secondes d’une course particulièrement disputée. Longtemps engagée dans une lutte extrêmement serrée pour le podium face à Violette Dorange et Francesca Clapcich, la Finistérienne échoue finalement à 1h17 de la troisième place. Déjà remarquée la saison dernière pour ses débuts très prometteurs sur le circuit IMOCA en double et en équipage, La skipper d’Association Petits Princes – Quéguiner a confirmé qu’il faudrait aussi compter sur elle en solitaire. Très performante sur le long bord de reaching entre le Fastnet et le waypoint Guy Cotten, où elle aura clairement montré le potentiel de son bateau et sa capacité à engager dans les conditions rapides, la navigatrice a ensuite dû composer avec un souci de jockey pole sans pour autant perdre sa capacité à rester dans le match. Combative jusqu’au bout, elle confirme une nouvelle fois sa régularité, sa vitesse et sa solidité dans des conditions pourtant particulièrement piégeuses.

« Ça y est, ma première course en solitaire en IMOCA, c’est fait ! C’était un moment hyper symbolique pour moi, quelque chose que j’attendais depuis longtemps et sur lequel je me mettais forcément un peu de pression. Pas une pression de résultat, mais vraiment l’envie de bien faire : pour l’équipe, pour le bateau, pour moi aussi. Quand j’ai passé la ligne, je me suis dit : “ok, c’est bon, c’est validé.” Et honnêtement, ça fait énormément de bien. Le départ a été un moment assez fort émotionnellement. Une fois les premières manœuvres passées, la pression est un peu retombée et j’ai eu ma petite larme. J’étais surtout soulagée de sentir que tout se passait bien. En plus, j’ai réussi un super départ, ce qui me tenait vraiment à cœur parce que ce n’était pas forcément mon point fort depuis le début de saison au pôle. Là, j’ai réussi à être bien lancée, bien placée, à gérer mon timing comme je voulais. J’étais assez fière de moi sur ce coup-là. Et ensuite, la course a été dingue parce qu’on est restés hyper groupés quasiment tout le temps. Franchement, par moments, ça ressemblait presque à une course en Figaro Beneteau version IMOCA. Il y avait toujours quelqu’un à côté, dans les phases rapides comme dans les pétole. Ça a demandé une vigilance énorme parce qu’on ne décrochait jamais mentalement. Je crois que j’ai eu Violette (Dorange) à l’AIS pendant quasiment toute la course… donc forcément, tu passes aussi beaucoup de temps à regarder les vitesses, à comparer, à essayer de comprendre où gagner un demi-nœud. C’était épuisant mais aussi vraiment stimulant. Le sommeil, lui, a été très haché. Il y a eu des moments où on accumulait une vraie dette de fatigue, puis quelques phases plus calmes où on essayait de récupérer un peu. Mais on ne trouve jamais vraiment de rythme. Quand il faut manœuvrer, il faut y aller, peu importe l’état dans lequel tu es. Et clairement, on arrive tous bien rincés. Les longues pétole ont aussi été un vrai défi mental. Quand ça dure des heures et des heures, tu ne peux pas rester en permanence à cran sur les écoutes. Il faut réussir à relâcher un peu, accepter de lever le pied par moments, aller dormir malgré tout. C’est presque un jeu psychologique. Et sur la dernière grosse molle, je suis contente parce que j’ai réussi à être proactive, à aller chercher les choses avant les autres. On était tellement au coude à coude que je savais qu’il fallait prendre les initiatives si je voulais créer un écart. Réussir à ressortir la première de cette transition-là, c’était une vraie petite satisfaction. Et puis il y a eu ce fameux bord de reaching… clairement mon moment préféré de la course. Le bateau est incroyable dans ces conditions-là. Ça allait vite, c’était super sain, super plaisant. J’ai testé plein de réglages que je n’avais encore jamais essayés et certains ont vraiment très bien marché. Finalement, c’est ça que je retiens aussi de cette course : énormément d’apprentissage. À chaque fois que je trouvais quelque chose qui fonctionnait mieux, c’était un vrai petit bonheur. Au final, je retiens énormément de positif. L’objectif, c’était de faire cette première course proprement, de terminer avec un bateau en bon état, de valider ma qualification pour le Vendée Arctique et surtout de me prouver mentalement que j’étais capable de mener un IMOCA seule sur une course comme celle-là. Et ça, aujourd’hui, c’est fait ! »

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