Une 5e édition pleine de souffle !
Du départ donné en baie de La Forêt jusqu’aux arrivées échelonnées à Concarneau, cette 5e édition de la 1000 Race aura offert un scénario particulièrement dense. Pendant plus de cinq jours, les sept IMOCA engagés ont dû composer avec une météo instable, des transitions délicates et de vastes zones de molle capables de rebattre totalement les cartes en quelques heures. Un terrain de jeu exigeant, où il fallait sans cesse arbitrer, relancer et rester lucide malgré la fatigue. Au terme d’une course aussi tactique qu’engagée, Sam Goodchild s’est imposé avec panache pour sa toute première épreuve en solitaire en IMOCA, signant une performance de référence face à une flotte particulièrement homogène. Mais cette édition 2026 restera aussi comme celle des grandes premières : première course en solitaire en IMOCA pour plusieurs marins, première véritable confrontation seul à bord d’un nouveau bateau pour d’autres. Une dimension qui a largement contribué à la richesse sportive de l’épreuve, transformant ce parcours de 1000 milles en véritable laboratoire grandeur nature à quelques mois des grands rendez-vous de la saison. Derrière la victoire du navigateur franco-britannique, c’est surtout l’intensité collective de la course qui aura marqué les esprits : des écarts longtemps infimes, des duels permanents à tous les étages du classement et une tension intacte jusqu’aux derniers milles dans le golfe de Gascogne. Une édition complète, engagée et spectaculaire, qui confirme un peu plus encore la place prise par l’évènement dans le paysage IMOCA.
Une course qui n’a jamais cessé de relancer le jeu
Le parcours avait tout pour provoquer du mouvement. Il n’a pratiquement jamais laissé les marins reprendre leur souffle. Dès les premières heures, les IMOCA ont été plongés dans une succession de situations délicates : petits airs piégeux au large d’Ouessant, transitions interminables, longs bords de près exigeants et vastes zones de molle capables de stopper net aussi bien les leaders que leurs poursuivants. Entre le DST d’Ouessant et les Scilly d’abord, puis surtout entre le waypoint Guy Cotten et la marque virtuelle Gallimard, les écarts n’ont cessé de se resserrer avant d’exploser de nouveau au gré des placements, des nuages et des choix stratégiques. Il fallait savoir patienter, rester lucide malgré la fatigue et parfois oser des trajectoires peu intuitives pour aller chercher un souffle d’air supplémentaire. Dans ces conditions, aucun avantage ne semblait réellement acquis : chaque mille grappillé pouvait être effacé quelques heures plus tard. C’est aussi ce qui a rendu cette édition particulièrement passionnante. Plusieurs skippers découvraient encore leur IMOCA en solitaire, dans des conditions extrêmement variées, avec tout ce que cela implique d’apprentissage, de réglages et de construction de repères au fil des milles. Plus qu’une simple course de début de saison, cette édition aura pleinement joué son rôle de révélateur.
Sam Goodchild en patron, des bagarres partout ailleurs
Annoncé parmi les grands favoris au départ, Sam Goodchild n’aura finalement jamais quitté les commandes de la flotte. Le Franco-Britannique a imposé son rythme dès les premiers milles avant de gérer avec beaucoup de maîtrise les nombreux pièges météo du parcours. Toujours dans le bon tempo, précis dans ses placements et inspiré dans ses choix, le skipper de MACIF Santé Prévoyance a parfaitement exploité le potentiel de son IMOCA, vainqueur du dernier Vendée Globe avec Charlie Dalin. À l’arrivée, l’écart a dépassé les 100 milles sur son premier poursuivant. Une démonstration pleine d’autorité pour une première en solitaire sur ce bateau. Mais cette édition ne s’est pas résumée à la domination du leader. Derrière lui, les affrontements ont été nombreux et souvent particulièrement serrés. Le match à trois entre Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), Violette Dorange (Initiatives Cœur) et Francesca Clapcich (11th Hour Racing) aura constitué l’un des grands fils rouges de cette édition. Bord à bord pendant des heures dans les petits airs, les trois navigatrices se seront rendues coup pour coup jusque dans le dernier bord de près vers Concarneau. Même plus à l’arrière de la flotte, la bataille n’aura jamais réellement cessé malgré les longues heures passées à évoluer au ralenti dans les zones sans pression.
Une épreuve qui affirme son identité
Au fil des éditions, la 1000 Race semble aussi avoir trouvé un équilibre qui fait aujourd’hui sa singularité. Une course sportive, technique et exigeante sur l’eau, mais qui conserve à terre une atmosphère particulièrement simple et conviviale. Marins, équipes, partenaires et organisateurs ont partagé bien davantage qu’une simple compétition. Pour beaucoup de skippers, cette course représentait une reprise du solitaire, une première confrontation seul à bord de leur IMOCA ou une occasion précieuse d’accumuler des milles avant les grandes échéances de la saison. À ce titre, cette 5e édition aura pleinement rempli son rôle. Et même un peu plus.
Vainqueurs des différents Trophées de cette 5e édition de la 1000 Race
-Défi Pom’Potes (vitesse la plus élevée pendant les runs) : MACIF Santé Prévoyance
-Trophée « Tout Commence en Finistère » (premier bateau au Fastnet) : Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)
-Trophée Guy Cotten (premier bateau au waypoint Guy Cotten) : Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)
-Trophée Gallimard (premier bateau au waypoint Gallimard) : Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)
-Trophée Bretagne (bateau le plus rapide entre le waypoint Gallimard et l’arrivée) : Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)
-Trophée Crédit Agricole (plus grand nombre de milles sur 24 heures) : Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)
-Trophée JFA (plus grand nombre de milles parcourus sur l’ensemble de la course) : Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance)
Ils ont dit :
Gwen Chapalain, dirigeant de Sea to See, société organisatrice de la 1000 Race : « Au-delà du très beau spectacle sportif offert sur l’eau, cette édition a surtout confirmé quelque chose d’essentiel pour nous : la 1000 Race est une course engagée, exigeante, mais profondément humaine. Pendant toute la semaine, il y a eu une atmosphère vraiment particulière sur les pontons et dans le village. Malgré la fatigue, le stress de la compétition et les longues heures passées en mer, les marins ont toujours pris le temps d’échanger, de partager et de faire vivre l’événement avec beaucoup de simplicité. C’est une vraie richesse. On a senti une proximité sincère entre les skippers, les équipes, les partenaires et l’organisation, avec énormément de bienveillance et de bonne humeur. Cette course s’est aussi construite autour d’une formidable énergie collective et de nombreux liens d’amitié. Rien de tout cela n’existerait sans les amis de l’épreuve : le service du port de Port-la-Forêt, la Ville de Concarneau, Tamma Ha Tamm, AMP Concarneau, Roland Jourdain, Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, le Club de la Vallée des Fous, l’ASRC, le Pôle Finistère Course au Large Port-la-Forêt, les équipes de Sea to See et, bien sûr, toute la Direction de Course. C’est cet esprit collectif, simple et sincère, qui donne aussi à cette course sa couleur particulière. Après une semaine aussi intense, avec autant de pièges météo, de bagarres serrées et de moments de tension sur l’eau, voir les marins arriver avec encore cette envie de raconter, de partager leurs émotions et de vivre ensemble ces instants-là, c’est précieux. Cette convivialité ne se décrète pas, elle se construit naturellement. Et aujourd’hui, elle fait pleinement partie de l’identité de la 1000 Race. »
Delphine Largenton, Cheffe de projet : « Cette 1000 Race a vraiment offert un très beau scénario sportif. Les conditions ont été variées du début à la fin, avec des passages très techniques, des zones de molle qui ont régulièrement rebattu les cartes et des écarts qui sont longtemps restés serrés. Les marins ont dû rester engagés en permanence et prendre beaucoup de décisions stratégiques. On a vu de très belles bagarres à tous les niveaux de la flotte, aussi bien pour la victoire que derrière, avec notamment un superbe match entre les filles ces derniers jours. La performance de Sam Goodchild est évidemment impressionnante, surtout pour une première en solitaire en IMOCA, mais ce qui ressort aussi, c’est l’intensité globale de la course. Et puis au-delà du sportif, cette édition confirme aussi l’esprit qu’on souhaite donner à l’épreuve : une course exigeante, tout en gardant quelque chose de simple et convivial à terre. Il y a eu beaucoup d’échanges, de proximité et un vrai bon état d’esprit entre les marins, les équipes et l’organisation. C’est important pour nous et c’est aussi ce qui fait l’identité de la 1000 Race. »
Antoine Mermod, Président de la classe IMOCA : « Cette 1000 Race a été une vraie réussite à plusieurs niveaux. Sportivement d’abord, parce qu’on a eu une course extrêmement intéressante, avec des conditions variées, beaucoup de jeu stratégique et des écarts qui sont longtemps restés serrés malgré la domination de Sam Goodchild. Les marins ont dû rester très engagés du début à la fin et on a vu de très belles bagarres dans toute la flotte. Pour une course de début de saison et, pour certains, une première expérience en solitaire sur ces bateaux, c’était particulièrement riche et formateur. Mais ce qui est appréciable aussi sur cette épreuve, c’est l’ambiance qui l’entoure. Il y a quelque chose de très simple, très accessible et très chaleureux dans la manière dont l’événement est organisé et vécu par les équipes. On sent une vraie proximité entre les marins, les partenaires et l’organisation, sans jamais perdre l’exigence sportive propre à la Classe IMOCA. »
