Arnaud Boisisères (APRIL Marine – Recherche co-Partenaires), 7e

Arnaud Boisisères (APRIL Marine – Recherche co-Partenaires), 7e

Ce samedi à 14h39’08, Arnaud Boissières a franchi la ligne d’arrivée de la 1000 Race à la 7e place, au terme de 6 jours, 2 heures et 39 minutes de mer. Une première course en solitaire à bord de son nouvel IMOCA pour le marin sablais, fort de cinq Vendée Globe, qui avait jusqu’ici surtout pris en main sa nouvelle monture en double et en équipage aux côtés de Benjamin Dutreux. Longtemps au coude à coude avec Nico d’Estais, « Cali » a dû composer avec une course particulièrement exigeante, faite de transitions piégeuses, de longues phases de reaching et de nombreux ajustements à trouver sur un bateau qu’il continue encore d’apprivoiser. Si le résultat brut ne correspond pas totalement à ce qu’il espérait, cette 1000 Race lui aura surtout permis d’accumuler un volume précieux d’heures de navigation et de mieux comprendre les réactions de son monocoque dans des configurations très variées. Fidèle à lui-même, Arnaud a avancé avec ténacité et lucidité, sans jamais lâcher le morceau. Derrière cette première en solitaire, il retiendra surtout les enseignements engrangés, les automatismes construits au fil des jours et le plaisir intact de reprendre le large sur un nouveau projet. Une étape importante dans la construction de son duo avec ce bateau, appelée à porter ses fruits dans les prochains mois.

« C’était ma première course en solitaire sur ce bateau, donc forcément une étape importante. Rien que d’être au départ représentait déjà un petit défi parce qu’on avait remis le bateau à l’eau il y a moins d’un mois. Mais il n’y a rien de mieux qu’une course pour prendre ses marques et commencer à construire des repères. Et puis le parcours était vraiment chouette. Six jours en mer, ça laisse le temps d’apprendre beaucoup de choses. Je suis content parce que jusqu’au waypoint Gallimard, j’étais vraiment dans le match. Après, dès qu’il y a eu un peu plus d’air et des conditions plus stables, je savais que ça deviendrait plus compliqué face à certains bateaux. Nico, par exemple, avec son bateau à dérives, allait vite dans certaines phases, et dès que le vent montait un peu avec d’autres, ça s’échappait plus facilement. Mais ce n’est pas plus mal non plus : ça permet de voir où on en est et surtout où il faut progresser. Au final, même si je termine un peu avec la “cuillère de bois”, c’est du joli bois parce qu’il y avait du beau monde devant ! Et puis c’est important de se confronter tôt dans la saison à ce niveau-là. On est quand même face à l’élite de la classe et c’est exactement ce qui permet d’avancer. L’objectif est loin encore, avec une grosse saison qui nous attend : la Vendée Arctique d’abord puis la Route du Rhum derrière. Donc tout ce qu’on prend maintenant est précieux. Je me sens vraiment bien sur ce bateau. Il est marin, sain, bien protégé aussi, ce qui compte quand les conditions deviennent un peu dures. La saison dernière avec Benjamin Dutreux m’a déjà permis de bien le découvrir, mais ce qu’il me manquait surtout, c’était la confrontation en solitaire. Et cette course-là a été très riche de ce point de vue. La dernière nuit a quand même été un peu sportive. Je me suis fait piéger par une bascule que je n’avais pas vue sur un premier fichier météo. Je naviguais tranquillement dans 12-13 nœuds, puis d’un coup : plus rien. Le bateau s’est complètement arrêté, au point où j’ai presque cru avoir un problème dans la quille tellement c’était soudain. Et puis une heure plus tard, c’est reparti… mais à plus de 30 nœuds sous grain. Là, j’ai sans doute un peu tardé à réduire. Il y a un moment où j’ai dû abattre franchement pour rouler proprement le J2 et repartir sous J3. Ça tapait bien pendant une partie de la nuit. Mais ça fait aussi partie de l’apprentissage. Ce genre de météo instable, il faut savoir s’y confronter. Je pense que je n’ai pas parfaitement anticipé certaines choses, mais au final je n’ai rien cassé, je ne me suis pas fait mal et le bateau est revenu nickel. Et ça, pour une première course comme celle-là, c’est déjà très positif. »

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