Nico D'Estais (Café Joyeux) : 6e

Nico d’Estais (Café Joyeux), 6e« Un vrai cap »

Nico d’Estais a franchi la ligne d’arrivée de la 1000 Race ce samedi à 5h20’27, concluant sa toute première course en solitaire en IMOCA à une belle 6e place, après 6 jours, 17 heures et 30 minutes de mer. Une découverte grandeur nature pour le skipper de Café Joyeux, qui abordait à la fois l’exercice du solitaire sur son bateau et l’exigence du circuit des monocoques de 60 pieds, après des débuts déjà remarqués en Mini 6.50 puis en Class40. Durant toute la première partie du parcours, le marin a su exploiter avec beaucoup de justesse le potentiel de son IMOCA à dérives, seul bateau de ce type dans la flotte. Dans les petits airs entre le DST d’Ouessant et le Fastnet, il est parvenu à rester au contact des foilers grâce à une navigation fine et opportuniste, où chaque risée pouvait faire basculer l’équilibre du match. La suite s’est révélée plus délicate au reaching, dans davantage de pression, face à des machines capables de littéralement voler au-dessus de l’eau. Mais jamais Nico d’Estais n’a décroché, continuant à se battre avec lucidité, engagement et régularité. Au-delà du classement, cette 1000 Race lui aura surtout permis de valider énormément de choses : des apprentissages précieux, des repères accumulés au fil des milles et la confirmation qu’il a toute sa place dans cet univers particulièrement exigeant. Une course dense et formatrice, menée avec intelligence et humilité, avec au bout le plaisir évident d’avoir découvert ce nouveau terrain de jeu… et même le luxe de laisser un foiler derrière lui au classement final.

« Boucler cette première course en solitaire en IMOCA, franchement, c’est un vrai cap. Pendant ces six jours, j’ai eu l’impression de vraiment m’approprier le bateau. On a passé du temps tous les deux et ça s’est super bien passé. C’est un super canot et, honnêtement, je ressors de cette course avec énormément de positif. Les conditions étaient idéales pour une première. On partait tous assez sereins parce qu’il n’y avait rien d’ingérable sur le parcours, donc c’était une super mise en jambe pour toute la flotte. Et pour mon bateau à dérives, le début de course était presque parfait. Dans les petits airs, je pouvais vraiment jouer avec les autres et je suis resté dans le match jusqu’au Fastnet. Ce qui était chouette aussi, c’est qu’on découvrait quasiment tous le solitaire en IMOCA en même temps. Les liens commencent à se créer et on sait qu’on va se retrouver pendant plusieurs années jusqu’au Vendée Globe. C’est une belle manière de démarrer cette aventure collective. La patience a énormément compté sur cette course, mais la pétole ne me dérange pas tant que ça. Déjà parce que je suis plutôt patient de nature… et surtout parce que ce sont des conditions où mon bateau marche bien. Quand je regardais les fichiers météo, je me disais surtout que ça pouvait être une vraie opportunité pour moi. Et puis cette course m’a aussi permis d’identifier plein de choses à travailler. Le virement de bord dans 30 nœuds sous grain aux Glénan, par exemple, j’ai bien compris que ce n’était pas encore totalement mon domaine ! Mais au moins, maintenant je le sais. Si on avait passé toute la course dans 8 nœuds de vent devant, je serais peut-être rentré en me prenant pour un champion du monde… alors qu’en réalité il y a encore beaucoup de boulot. Et c’est très bien comme ça. Sportivement aussi, il y a beaucoup de satisfactions. Au départ, je savais qu’on pourrait jouer un peu dans le petit temps avant que les foilers ne s’échappent. Finalement, avec Cali (Arnaud Boissières), on s’est retrouvés à régater ensemble quasiment toute la course. Et quand tu fais jeu égal avec quelqu’un qui a cinq Vendée Globe au compteur, forcément, tu es content ! »

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